Par l'écoute de l'autre
19/08/2015 14:20Du bon usage des caresses et du massage
Un regard, un parfum. des caresses et soudain nos sens s’affolent. Pour entretenir l’extase où l’amour vous plonge, optons pour l’art des caresses et le dialogue des sens. Toutes les bonnes raisons de caresser son partenaire.A l’origine de l’union charnelle, se profile le désir. Comment se déclenche-t-il en dehors de notre contrôle ?
Pour que le désir perdure, que le plaisir soit partagé, prenons le temps des caresses.
A l’écoute de la peau
Les caresses
.L’amour est bien plus que la rencontre de nos muqueuses génitales. En effet, nous disposons de 1 800 cm² de peau qui comportent 1 500 000 récepteurs. Ces derniers – véritables capsules de volupté – recèlent des trésors de sensations, provoquées par l’effleurement, la caresse enveloppante. Ils stockent le plaisir et réclament la libération quand ils sont « pleins ».
Pour caresser son partenaire, vous pouvez commencer par explorer la géographie sensuelle de la peau. Etre caressant, c’est chercher aussi à faire du poétique là où les gestes peuvent devenir mécaniques. Plateaux du ventre et gorges, collines et vallées des fesses, les moindres plis et tous les pores… Les yeux fermés on laisse courir sous sa main des paysages aux mille déserts. Les pulpes de vos doigts sont les messagers d’un océan de douceur.
Pour tirer de la caresse, tous les bienfaits possibles, essayez d’être totalement présent. « Par exemple, tendez la peau comme vous tendez l’oreille » suggère notre spécialiste. La peau qui reçoit, accueille les messages des doigts. La main qui donne, écoute ce qui vient de la surface cutanée.
Essayez de vous abandonner pour retrouver la primeur de la sensation, la spontanéité des gestes, la créativité. Celle (celui) qui reçoit la caresse peut se concentrer sur son propre ressenti, être à l’écoute de son corps. Elle (il), ne doit pas hésiter à guider son partenaire dans ses recherches. Et tranquillement laisser le plaisir se propager. Vous pouvez aussi ouvrir la voie de la chair avec de simples baisers comme caresse. Vous pouvez explorer la peau de l’autre centimètre par centimètre, avec lenteur et volupté.
Les bienfaits
Les caresses procurent un meilleur équilibre nerveux : elles permettent de relâcher les tensions, procurent un bien être voire une réelle euphorie. Les raisons sont biologiques : « les caresses mettent en jeu les centres cérébraux du plaisir.
Les centres hédonistes distillent alors dans notre encéphale et dans notre sang diverses substances dont les fameuses endorphines. Par ailleurs, ce toucher affectueux réactualise les béatitudes de l’enfance. Empreint d’un lourd bagage émotionnel, il éveille chaque sens et offre un panel de sensations très riches, différentes de celles obtenues lors du coït. Alors faisons fi de nos tabous. Reconnaissons que ce bien être qui passe par notre peau, est non seulement un phénomène naturel, légitime avant d’être fondamental. Peut-être alors que nous habiterons davantage notre corps. Le massage en couple : prélude à l’acte amoureux
Dans un couple, le massage, comme caresse globale du corps, peut être un prélude à l’acte amoureux.
« Mais ce n’est pas tout:
Par l’écoute de l’autre et la qualité du toucher qu’il développe, le massage facilite l’expression de l’affection et la sensualité, gage de relations sexuelles plus épanouissantes ». Enfin, en retrouvant l’harmonie de son corps, on est plus disponible à celui de l’autre.
Quand le corps entier est une zone érogène…Les plaisirs sexuels sont variés et mettent en jeu tous les sens : si le toucher est indispensable, la vue joue son rôle de déclenchement et de réactivation. Les partenaires sont assez proches pour que chacun soit dans la zone odorante du corps de l’autre, celle de son parfum comme celle des odeurs de sa peau, de sa chevelure et de son sexe.
Les bouches et les langues peuvent goûter l’autre, la voix, le bruit de la respiration et ses variations accompagnent l’échange et intensifient l’émotion. La moindre partie du corps est concernée pendant le jeu sexuel.Si la sexualité est faite de plaisirs sensuels qu’offre le corps à partir des organes génitaux, n’oublions pas que tout le corps d’une femme ou d’un homme peut participer à ces plaisirs.
Les zones érogènes primairesOn peut appeler ainsi les organes dont l’excitation est nécessaire et suffisante pour déclencher l’orgasme.Pour l’homme, la zone érogène primaire se limite au gland et à la verge, la peau recouvrant celle-ci jouant un rôle de frottement sur le gland lors des mouvements de masturbation ou de pénétration. Le gland est excité aussi dans la pénétration par le frottement contre le fond du vagin.Pour la femme, la zone érogène primaire comporte deux pôles, le clitoris et le vagin : le clitoris s’excite par la caresse ou le frottement, alors que le vagin n’a pratiquement pas de récepteurs du toucher.
Mais le vagin est sensible aux engorgements sanguins et aux contractions des muscles de sa paroi, ainsi qu’aux réactions des muscles qui enserrent sa base ou des ligaments qui le maintiennent dans l’abdomen : c’est cet ensemble complexe qui est mis en oeuvre dans l’orgasme obtenu par la pénétration seule (sans caresse clitoridienne).
Les zones érogènes secondairesLes zones érogènes secondaires sont les régions de la peau ou d’une muqueuse dont l’excitation déclenche l’excitation des zones érogènes primaires, puis participe au plaisir sexuel en intensifiant l’excitation et en l’enrichissant. Malgré leur importance, elles ne sont pas nécessaires à l’obtention de l’orgasme, et, dans certaines occasions d’état intense d’excitation, ou de volonté de jouissance rapide, dans un couple comme dans la solitude, femmes et hommes savent se passer de leurs services, et aller droit au but.Chez l’homme, la zone érogène secondaire s’étend de la verge à la peau des bourses, à la face interne du haut des cuisses, au périnée et aux environs de l’anus, c’est-à-dire qu’elle reste très liée à la zone primaire.
Les mamelons également peuvent avoir une place importante.Chez la femme, cette zone secondaire comprend toute la peau et les muqueuses qui vont du pubis au début du sillon interfessier, en passant par les grandes et les petites lèvres, l’entrée du vagin, le périnée et l’anus. Elle comprend aussi, loin de la zone primaire, les seins et notamment leur mamelon.
Ces zones sont excitables par la caresse ou le frottement.Les zones érogènes potentiellesThéoriquement, tout le corps peut être caressé de telle façon que naissent des sensations voluptueuses et que les zones primaires réagissent par l’érection ou la mouillure vaginale. Mais tous les adultes ne sont pas égaux devant les possibilités que leur offre leurs corps. Tout dépendra des dons innés et de l’apprentissage.
Comme pour les autres domaines de la sensibilité (il y a des gens qui ont naturellement l’oreille musicale) il y a des corps plus doués que d’autres pour la sensibilisation érotique.Par ailleurs, dès la petite enfance, les contacts physiques des parents, notamment de la mère, éduquent le corps du bébé et de l’enfant en liant les contacts avec une atmosphère particulière : si les contacts sont juste fonctionnels, et l’atmosphère froide, le corps du petit être ne mémorisera aucun souvenir agréable. Si, au contraire, il y a tout un jeu d’attouchements, de caresses et de baisers, dans une atmosphère de douceur et de tendresse, toutes les zones de la peau ainsi touchées garderont en mémoire le caractère agréable de la sensation.
Comme les bébés filles sont caressées et embrassées bien plus souvent et sur beaucoup plus de zones corporelles que les bébés garçons, les femmes bénéficient de nettement plus de zones érogènes que les hommes.
Le temps de la découverte du corpsL’apprentissage ne se limite pas aux impressions passives de la petite enfance. Pendant l’adolescence, et en débutant sa vie adulte, toute personne peut volontairement prendre du temps à se donner des sensations variées, en se caressant le corps, en se frottant à toutes sortes de matières.
Or, là aussi, la femme est avantagée, la fille se caressant plus spontanément, dans la recherche de son plaisir, la zone périgénitale, le haut des cuisses, le ventre, et bien sûr les seins, la poitrine, les épaules, alors que le garçon, lui, se limite habituellement à la verge. Ce sont ces apprentissages qui expliquent que telle femme obtiendra des orgasmes en serrant les cuisses, et c’est tout ; ou en se caressant les seins seulement ; ou, immobile, en contractant en rythme les muscles abdominaux et pelviens.
Que telle autre sera plus excitée par une caresse sur le genou, que par une caresse sur les seins, ou jouira davantage si en même temps il y a pénétration d’un doigt ou d’un objet dans l’anus, par exemple. Les variations sont infinies, de même que sont infinies les différences entre les expériences et les apprentissages de chacun.La sexualité s’épanouit grâce à un corps. L’éveil de la sensualité demande du temps, temps de la mère passé à cajoler son enfant, temps des amants qui se découvrent et se caressent.
Si nous voulons vivre une sexualité épanouissante, il faut y consacrer le temps nécessaire à l’apprentissage par notre corps des comportements qui lui permettront de nous offrir ce que nous désirons.
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